04.03.2009
Grands Changements No1
Nos hommes politiques et nos personnalités journalistiques, vivent dans un monde qui n’existe plus. On connaît bien leur visages, on connaît bien leurs discours, par l’intermédiaire de la télé ils sont omniprésents dans notre salon. Ils parlent de cette crise avec détachement, ils nous disent
qu’il s’agit d’une « récession », que tout va repartir « comme avant », « une fois que cette crise sera passée ». Ils préconisent un « plan de relance » ! Ils souhaitent que les banques prêtent, ils veulent relâcher les règles du crédit et encourager l’investissement et/ou la consommation pour relancer la croissance. Comme Alice au pays des merveilles, ils vivent toujours dans leur petit monde politico-médiatique, où les énarques parisiens font de la communication sur un dossier qui les dépasse complètement. L’autre soir encore, un grand économiste surmédiatisé, de Science Po Paris, expliquait sur l’émission Capital, de M6, que le facteur déclenchant de la crise était « la soudaine paralysie du crédit » ! (c’est affligeant, il confond le symptôme avec la maladie). La raison primaire de cette Dépression économique c’est la saturation progressive du crédit, l’excès de dette, pas le manque de dette !. Cette crise n’est pas née ces deux ou trois dernières années, ni même ces dix dernières années, ce sont les dérives économiques (spéculations, fraudes, dépenses inutiles, fuite en avant) de ces 40 dernières années qui nous ont progressivement et irrémédiablement conduit au bord du gouffre. Aujourd’hui tous les secteurs économiques sont saturés de dettes, les taux d’intérêts sont au plus bas, les taux d’intérêts sont même à zéro en valeur réelle, et la relance n’est pas là !. Certains ont même le culot de nous dire que c’est de notre faute, c’est parcequ’on ne consomme pas assez, parcequ’on n’emprunte pas assez que l’économie va mal !
Le réveil est pénible, aucun pays n’est épargné, partout dans le monde la situation économique et sociale se détériore à grande vitesse. Les plus démunis souffrent et la révolte gronde car cette crise arrive à la fin d’une longue période d’accroissement des inégalités. Les gens ne s’y trompent pas, le libéralisme et la globalisation à outrance a rendu les riches plus riches, tout en apportant une illusion de maintien du pouvoir d’achat pour les autres.
Bien sûr, à mon niveau je n’ai pas les solutions, mais je sais, je suis absolument convaincu, qu’on ne résoudra pas les problèmes de demain avec le schéma de réflexion dépassé, que l’on nous propose aujourd’hui.
21:27 Publié dans Finances Publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, dette, finance, société
11.12.2008
Sommes nous en train de vivre la fin d’une époque ?
Depuis la fin de la « guerre froide », nous avons vécu une époque vraiment extraordinaire, mais que nous prenons tous
pour la norme. Cette période se caractérise par une libéralisation des marchés, une augmentation des échanges mondiaux et une accélération des mouvements de capitaux. Au cours de ces 30 dernières années, les bulles financières (dotcom, immobilier, etc ..) se sont succédées à des rythmes effrénés, donnant un sentiment de « richesse » à des millions d’actionnaires et de propriétaires. Cette prospérité toute relative, a généré de la croissance bien réelle et des emplois dans les services, le bâtiment et la haute technologie. En contrepartie nous avons vu s’accroître la précarité et les délocalisations, mais surtout une explosion du crédit. (voir article sur ce blog en 2006 sur : la dette).
Certains de mes interlocuteurs m’assurent que c’est de la faute des média, que la morosité du discours médiatique ambiant engendre la morosité économique, qui à son tour aggrave la crise. Ils refusent de voir cette crise comme la crise la plus grave que de ces 50 dernières années.
Pourtant, aux Etats Unis, le pays de l’optimisme, les dernières statistiques de l’emploi évaluent à 533 000, le nombre d’emplois perdus pendant le mois de novembre. (-320 000 en octobre, et -403 000 en septembre, pour un total de 1,2 millions en juste trois mois). Les analystes du bureau d’études économiques londonien, GFC Economics, prédisent pour l’économie américaine une perte de prés d’un million d’emplois par mois pour les six premiers mois de l’année 2009. Si les gouvernements occidentaux prennent des mesures exceptionnelles pour essayer de résoudre cette crise, alors qu’ils sont presque tous déjà “en faillite”, c’est que le problème, purement financier à l’origine, se propage rapidement à l’économie réelle. (Voir aussi le très bon article de Jean-Gabriel Fredet dans le Nouvel Obs qui pose la question suivante : peut-on sortir d’une crise de l’emprunt en empruntant?)
La crise financière ?, nous sommes en plein dedans. La crise économique de 2009 – 2010 ?, je pense qu’elle est inévitable. Aujourd’hui la question de savoir si nous allons éviter les grands bouleversements sociaux qui se profilent à l’horizon ?
Avec la fin abrupte d’une période de relative prospérité, nos gouvernements maintiendront ils suffisamment de légitimité pour garantir l’ordre et le bon fonctionnement de la société sans se transformer en régimes autoritaires ? Est ce qu’une période prolongée d’appauvrissement des ménages ne mettrait pas en danger nos démocraties occidentales? D’après le FMI, la situation de l’Islande n’est que marginalement plus mauvaise que celles d’autres pays européens, en particulier la Bulgarie, mais aussi l’Irlande, la Grèce et l’Italie !
Dans un prochain billet nous réfléchirons à ce qu’il peut être fait sur le plan individuel et sur le plan collectif pour gérer au mieux ce nouvel environnement encore incertain. Car, en tant qu’individus nous ne pouvons pratiquement rien faire pour le Macro-économique, mais nos actions aurons sûrement un impact grandissant au niveau Micro-économique.
18:13 Publié dans Finances Publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crise, dette, finance, société
04.12.2008
Le bulle immobilière japonaise
En 2002 j’ai beaucoup travaillé au Japon, et les cadres japonais que je rencontrais me parlaient souvent des prix de l’immobilier à Tokyo. Dans les années 80, période de boum «sans fin », le prix de l’immobilier japonais avait flambé. Les analystes locaux et internationaux disaient que ça allait durer, que cette fois c’était différent, qu’il s’agissait d’un problème d’espace etc.. etc.. La bulle change, mais les discours restent identiques.
Au début des années 90, le prix du mètre carré à Tokyo a chuté de 70%. De nombreuses familles japonaises sont retrouvées propriétaires d’appartements dont la valeur était bien en dessous du capital restant du sur leurs emprunts. Les grandes banques ont été maintenues en vie artificiellement par les gouvernements successifs et la bourse japonaise s’est écroulée.
Le Nikkei, l’indice de la bourse de Tokyo est passé de 38 915 points le 29 décembre 1989, à 7 8000 points quand j’étais à Tokyo en 2002 ! (une baisse de 80% sur douze ans). Le Nikkei est remonté jusqu’à 18 000 poins ses dernières années,
mais n’étant pas immunisé contre la crise actuelle le Nikkei est aujourd’hui à 7 924 points, toujours 80% en dessous de son seuil d’il y a 20 ans ! (voir graphe si dessous) Les prix de l’immobiliers sont, eux aussi, toujours bien en dessous des prix d’il y a vingt ans. Les japonais qui ont acheté leur appartement pour 300,000 € en 1989 ne peuvent toujours pas le vendre à ce prix 20 ans plus tard ! J’ai peur que le marché de l’immobilier espagnol de 2007-08 soit identique à celui du Japon en 1997-98.
Comme pour le Japon dans les années 90, les économies des pays occidentaux sont aujourd’hui entrées en récession déflationniste (sauf pour les prix à la consommation). Alors que Nicolas Sarkozy propose aujourd'hui un plan de relance de l'économie de l'ordre de 26 milliards d'euros, les banques centrales et les gouvernements (y compris le gouvernement français) se ruent à la rescousse des institutions financières à hauteur de centaines de milliards d'euros!. Cette augmentation exceptionnelle, par son envergure et par sa rapidité, de la masse monétaire, sera t’elle suffisante pour éviter le scénario japonais face à la dévaluation massive de la plupart des actifs des acteurs économiques ? Cette augmentation des dépenses publiques aura t’elle un véritable impact positif sur l’économie ? Pour l’instant elle a le mérite d’éviter la faillite à nombreuses institutions financières en améliorant la structure de leurs bilans, mais il n’est pas certain que cela sauve de nombreux emplois ailleurs que dans la finance ? En outre, comment être sûr que cette débauche de liquidités ne sera pas, à terme, hyper-inflationniste ? (en particulier pour les prix à la consommation).
Indépendamment de l’évolution de cette crise, il faut nous préparer à une baisse importante de notre pouvoir d’achat à moyen terme. Si cette détérioration généralisée, du niveau de vie, ne se fait pas de façon graduelle et autant que possible équitable, nous devons aussi nous préparer à une crise sociale d’une ampleur exceptionnelle.
11:59 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crise, immobilier, finance, japon



