12.10.2009

Ça n’a jamais été une crise des sub-primes !

Les sub-primes américains et autres produits dérivés toxiques, ne sont que les symptômes de la maladie grave du système actuel (financier, économique et politique) !  Cette maladie c’est excès de dette.  On a vécu trop longtemps à crédit, c’est aussi simple que ça.

 

Au début ça marchait, quand l’Etat empruntait et dépensait un franc pour générer une augmentation du PIB de un ou deux francs sur les exercises suivants, tout allait bien. On construisait, des usines, des trains, des barrages, des centrales nucléaires, on s’endettait pour construire l’avenir, il s’agissait de vrais investissements, et on laissait des infrastructures utiles aux futures générations.

 

vers le bas.jpgÇa fait bien longtemps que l’effet de levier a disparu.  A quel moment est ce que la dette des ménages, des entreprises, des collectivités locales et de l’Etat a commencé a financer, parfois de façon détournée, de la consommation, de la dépense et du fonctionnement ? Dans les années 70 ?, dans les années 80 ? en tous cas, ça fait plus de 20 ans que l’on a perdu le contrôle de l’endettement. Et c’est à ce moment là que cette crise est née.

 

Le cycle économique de la dette est irréversible. Sur le long terme, quand on accepte de financer ses dépenses par l’emprunt, la spirale commence. Progressivement le montant de la dette augmente par rapport aux revenus. Logiquement le service de la dette (intérêts) lui aussi augmente en pourcentage de revenu net. On doit emprunter de nouveau pour garder une trésorerie positive, et l’augmentation du taux d’endettement relatif aux revenus s’accélère inexorablement.  (et des rigolos se font élire sur un mandat de réduction des déficits publics auxquels ils ne croient pas eux même).

 

Face à la crise actuelle, la solution proposée par les banques centrales occidentales passe par une augmentation massive de : ?, vous ne devinerez jamais…… La dette publique bien sûr !!

 

soup populaire.jpgCette stratégie absurde nous permettra peut être de gagner quelques années, et rendra la prochaine étape de la crise encore plus destructrice. Mais en fin de compte la restructuration massive du système (financier, économique, politique) doit malheureusement se faire.  Le résultat est inéluctable.  Il passe, à moyen terme, par une réduction massive du niveau de vie des populations des démocraties occidentales. Est ce que cela se fera sans révolte ? sans « révolution » ? est ce que les régimes démocratiques survivront ?

 

enfant.jpgLa vie continuera, c’est sûr. L’homme reprendra le dessus et l’espoir renaîtra dans un cycle constructeur, comme ça a toujours été le cas, à la fin de chaque cycle destructeur de l’histoire de l’humanité.

31.08.2009

Le Grand Emprunt National de Sarko

 

 Un des tous premiers articles de ce blog, il y a trois ans, en décembre 2006, s’intitulait « A propos de la Dette », dans lequel je parlais du cri d’alarme lancé par la Commission Péberau.

 

dette_450.jpgQue c’est-il passé depuis trois ans ? D’abord on a vendu les autoroutes (belle connerie, merci De Villepin), j’ai lu quelque part que le prix des péages aurait augmenté à un rythme trois fois supérieur à l’inflation depuis qu’elles sont privatisées ! Ensuite Sarko a été élu, pour réduire la dette etc.. et s’est empressé de mettre en place « le bouclier fiscal » tout aussi stupide que la vente des autoroutes.

 

Bref, en trois ans la dette de l’Etat est passée de 1 100 milliards d’euros à 1 400 milliards d’euros à la fin 2009. Notre dette publique atteint maintenant plus de 72% du PIB ! Nous parlons d’accélérer le recours à l’emprunt en lançant ce fameux grand emprunt national, pour accéder aux économie des français.

 

J’ai lu plusieurs billets d’opinion d’élus ou personnalités de droite qui grognent contre cet emprunt, (le dernier en date, celui de FX Brunet dans La Montagne). Ils s’alarment, sous prétexte que l’Etat ne peut pas se le permettre et qu’il est absurde d’annoncer un emprunt alors qu’on ne sait pas pourquoi cet emprunt va être utilisé. Ces critiques relèvent, ou bien d’un manque total de compréhension des finances publiques de l’Etat, ou d’une hypocrisie populiste qui me fait anticiper le pire.

 

La dette de l’Etat Français augmente de 100 milliards d’euros par an, (Crise ou pas Crise) et on veut nous faire croire que le grand emprunt national de 50 milliards d’euros est un dossier majeur. Quoi qu’il en soit cet argent sera emprunté, ou bien aux préteurs habituels ou bien aux petits épargnants. En 2010 la dette publique augmentera de 150 milliards d’euros. C’est déjà signé, c’est un acquis, tous les analystes sérieux des finances publiques parlent d’au moins 150 milliards de plus d’endettement public. Ce grand emprunt, (50 milliards d’euros), représente un tiers de ce que l’Etat Français va emprunter au cours de l’année 2010 ! C’est du bidon, cet emprunt de 50 milliards d’euros ne représentera que 3.5% de la dette totale de l’Etat Français.  Pourtant, combien de fois est ce qu’on va en entendre parler au journal de 20h ?!

 

Par contre ce qui me met en colère c’est que l’on ne considère pas cet emprunt pour ce qu’il est vraiment. C’est encore un coup médiatique de Sarko.  Un jour à Versailles, il n’avait rien a dire alors il a annoncé « un grand emprunt » !! et tout le monde a avalé ça comme « l’annonce du quinquennat !». C’est pathétique, pendant le quinquennat Sarkozy la dette publique va augmenter de 600 ou 700 milliards d’euros, mais depuis des mois on ne parle que du « grand » emprunt national !! de 50 milliards d’euros ! C’est du bidon !! Quand les Français vont ils comprendre qu’on les prends pour des chèvres ?

 

rocard uppé sarko.jpgÇa, c’est quelque chose qui me met en colère.. Nos finances publiques sont « out of control », c’est la panique au sommet de l’Etat, mais on diverti les foules en ressortant Rocard et Juppé ! Pour la « comm », pour la belle photo.. et puis ça fait parler les journalistes et les élus de province. Au moins ils ne se pencheront pas sur les problèmes structurels de la société post-babyboomers.

 

Ce qui m’atterre dans tout ça c’est le désert idéologique dans toutes nos institutions. Aussi bien au sommet de l’Etat que dans les états majors des grands partis, des organisations syndicales et de la presse.  On veut continuer a vivre dans un monde qui n’existe plus.  On veut faire durer l’illusion. Alors on emprunte, on parle de reprise etc.. etc..

 

Pourtant cette crise globale n’est pas née d’hier, ce sont les dérives économiques des ces 30 dernières années qui nous ont conduit au bord du gouffre. Et la génération qui a  présidé a ce désastre est toujours au pouvoir dans toutes les administrations, les grandes entreprises, les syndicats et les partis politiques. Ils vivent dans un monde virtuel de croissance et d’emprunts, qui n’existe plus !

 

Juppé et Rocard !! c’est sûr, on est sauvé ! il ne manque plus que Raffarin et je retrouverai ma confiance en l’avenir.

 

On ne résoudra pas les problèmes de demain avec le schéma de réflexion dépassé, que l’on nous propose aujourd’hui.

13.04.2009

Le tour du FMI

Maintenant on autorise le FMI à vendre son or!  Gordon Brown (alors ministre des finances) avait insisté pour que la Banque d’Angleterre vende toutes ses réserves d’or il y a 10 ans. Sarko a essayé le même truc avec les réserves stratégiques de la Banque de France, et maintenant c’est  le tour du FMI!

 

Je recommande le petit article ci dessous, en anglais, d’Adrian Ash, qui montre comment l’or a dominé tous les autres outils d’investissement ces dix dernières années.

 

http://www.safehaven.com/article-12981.htm

 

01.04.2009

G20 - We haven’t seen nothing yet !

Quand vous avez trop de dettes!.. Vous essayez de vous désendetter, non ?.  Vous ne pouvez tout simplement pas sortir du surendettement par l’emprunt.  Si trop de dépenses, trop de consommation et trop de dettes entraînent de graves difficultés économiques, vous n’en sortirez pas avec PLUS de dépenses, PLUS de consommation et PLUS de dettes !

 

économie.jpgSauf, Sauf si vous arrivez à fortement dévaluer la monnaie en fabricant de l’inflation.  En effet, si les 100 000 € que vous venez d’emprunter pour acheter votre appartement, ne vous achètent plus qu’un vélo et ne représentent que quelques jours de salaire dans 10 ans, alors vous n'aurez plus de problème de dette.. c’est l’inflation qui remboursera votre dette à votre place.

 

Je pense que les économistes américains sont tous obsédés par la grande dépression des années 30 et la façon dont Hoover a « mal » géré la crise. De l’autre coté les Européens sont terrorisés par l’expérience de Weimar et ses conséquences politiques à moyen terme .

 

Quoi qu’il en soit, on ne nous demandera pas notre avis… et une chose est sûre : We haven’t seen nothing yet !

17.03.2009

Prédiction pour ces temps de crise.

Dans le débat ; à terme, cette crise sera t’elle déflationniste ou hyper-inflationniste ? Clyde Harrison propose: "there will be deflation in everything you own and inflation in everything you use".

 

J’adhère à 100%.  La déflation va toucher tout ce que vous possédez, en même temps l’inflation touchera tout ce que vous utilisez.  Implications à méditer …

04.03.2009

Grands Changements No1

Nos hommes politiques et nos personnalités journalistiques, vivent dans un monde qui n’existe plus. On connaît bien leur visages, on connaît bien leurs discours, par l’intermédiaire de la télé ils sont omniprésents dans notre salon. Ils parlent de cette crise avec détachement, ils nous disent banque europ.jpgqu’il s’agit d’une « récession », que tout va repartir « comme avant », « une fois que cette crise sera passée ».  Ils préconisent un « plan de relance » ! Ils souhaitent que les banques prêtent, ils veulent relâcher les règles du crédit et encourager l’investissement et/ou la consommation pour relancer la croissance. Comme Alice au pays des merveilles, ils vivent toujours dans leur petit monde politico-médiatique, où les énarques parisiens font de la communication sur un dossier qui les dépasse complètement. L’autre soir encore, un grand économiste surmédiatisé, de Science Po Paris, expliquait sur l’émission Capital, de M6, que le facteur déclenchant de la crise était « la soudaine paralysie du crédit » ! (c’est affligeant, il confond le symptôme avec la maladie).  La raison primaire de cette Dépression économique c’est la saturation progressive du crédit, l’excès de dette, pas le manque de dette !. Cette crise n’est pas née ces deux ou trois dernières années, ni même ces dix dernières années, ce sont les dérives économiques (spéculations, fraudes, dépenses inutiles, fuite en avant) de ces 40 dernières années qui nous ont progressivement et irrémédiablement conduit au bord du gouffre. Aujourd’hui tous les secteurs économiques sont saturés de dettes, les taux d’intérêts sont au plus bas, les taux d’intérêts sont même à zéro en valeur réelle, et la relance n’est pas là !.  Certains ont même le culot de nous dire que c’est de notre faute, c’est parcequ’on ne consomme pas assez, parcequ’on n’emprunte pas assez que l’économie va mal !

cabal_chess.jpgLe réveil est pénible, aucun pays n’est épargné, partout dans le monde la situation économique et sociale se détériore à grande vitesse.  Les plus démunis souffrent et la révolte gronde car cette crise arrive à la fin d’une longue période d’accroissement des inégalités. Les gens ne s’y trompent pas, le libéralisme et la globalisation à outrance a rendu les riches plus riches, tout en apportant une illusion de maintien du pouvoir d’achat pour les autres.

Bien sûr, à mon niveau je n’ai pas les solutions, mais je sais, je suis absolument convaincu, qu’on ne résoudra pas les problèmes de demain avec le schéma de réflexion dépassé, que l’on nous propose aujourd’hui. 

25.02.2009

Trop de dettes !

La culture financière des ménages occidentaux a changé au cours des années 80.. il est devenu naturel, et même normal debt.jpgde consommer aujourd’hui et ne payer que demain.  Sans chercher à savoir, ni si l’on sera obligé de payer plus dans le futur, ou même sans savoir si l’on aura les moyens de payer. L’augmentation exponentielle du crédit commercial, du crédit immobilier, du crédit à la consommation, et de la dette publique, ne pouvait aboutir qu’à des investissements de moins en moins rentables, et dont le coût  n’était plus dutout déconnecté à une quelconque valeur.  A force de créer de la dette pour simuler de la croissance fictive, on en est arrivé à une « saturation » du crédit.. dans tous les domaines de l'économie, privés comme publics.

 

Pour résoudre cette crise, née d’un excès de crédit, la solution des gouvernements occidentaux c’est de s’endetter plus et d’exiger que les banques se remettent à prêter aux entreprises et aux ménages en difficultés! J’ai lu quelque part, un analyste américain (pas très populaire) qui comparait cette stratégie à « demander aux capitaines de bateaux de sauver ceux qui se noient en leur lançant une ancre un peu plus lourde ».  

 

household cash.pngMalgré l’augmentation rapide du crédit immobilier en France ces dernières années, il semblerait que les ménages français se soient relativement moins endettés que celles et ceux des autres pays occidentaux. Le taux d’épargne français, n’est jamais passé négatif contrairement à celui des Etats Unis, et il reste un des plus élevés en Europe.  Notre situation est peut être « moins pire » qu’ailleurs, mais cette déferlante est globale et elle n’épargnera personne.

 

gold-bullion.jpgLe « Napoléon, 20F » est quotté à 140 €.. il ne serait peut être pas absurde de considérer un petit investissement en or comme une assurance vie.

24.12.2008

L’€uro, notre monnaie !

La colère des Français est légitime.  On leur a menti , car le passage a l’Euro a, bel et bien, engendré de l’inflation et une baisse dramatique du pouvoir d’achat. Mais il faut faire très attention à ne pas se tromper de cible !  Ce n’est pas l’Euro, qui a engendré de l’inflation, c’est le passage à l’euro, le changement de monnaie, qui a créé les conditions d’une augmentation artificielle des prix.

 

Alors, faire croire aux gens, aujourd’hui, qu'en retournant au Franc tout ira mieux ; c’est aussi irresponsable que de leur dire en 1998 "l'Euro va tout résoudre".

 

 Les nostalgiques du Franc ont bien vite oublié la période où notre monnaie était attaquée régulièrement, où nous importions de l’inflation à chaque dévaluation, et ou nos taux d’intérêts étaient parmi les plus haut d’Europe..  Car aujourd’hui, c’est bien grâce à l’euro et à la rigueur budgétaire d’autres membres de la zone euro, que nous avons des taux d’intérêt à 3.7% au lieu de 6.5%.

 

Il est toujours bon ton de rendre l’Europe responsable de tous nos problèmes. Mais dans le cas de la monnaie unique ce « sport » devient extrêmement dangereux.  Un retour en arrière n’est pas sérieusement envisageable :  Quel coût exorbitant pour nos finances publiques ? Quel sera le taux directeur pour la banque de France, face au géant €uro ?  Quelle inflation nouvelle serait engendrée par le re-passage au Franc ?

 

Aujourd’hui l’€uro est notre monnaie … et c’est tant mieux !

Laurent Grandsimon

Voir aussi le lien ci dessous, l’entretien de Angela Merkel dans Le Monde :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-855047,...

16.12.2008

Gold backwardation, la backwardisation de l’Or

Tous ceux qui me connaissent m’ont entendu prêcher, un jour ou l’autre, en faveur d’une allocation en Or d’une partie de leur épargne.  Cela fait des années que je parle de grave crise, de grand déséquilibres financiers et que je rabâche mon petit discours. J’ai même écrit une lettre au Gouverneur de la Banque de France, en novembre 2005, pour lui dire que je trouvais honteux qu’il cède aux demandes d’un certain Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’économie et des finances (voir texte officiel ici), qui voulait vendre les réserves d’or des Français. Je dois avouer ne pas être objectif quand je bdf.jpgparle de Nicolas Sarkozy, ce Monsieur me navre (je reste très poli car j’utilise souvent une kyrielle d’adjectifs bien moins courtois) . En 2004 – 2005, Nicolas Sarkozy n’est resté que quelques mois au poste de Ministre de l’Economie et des Finances, juste assez longtemps pour faire pression sur l’équipe de Mr Noyer à la BdF pour qu’on s’engager dans un programme de ventes d’actifs.  Bien sûr on va sûrement tenter de réécrire l’histoire, « c’était d’un commun accord », « non attendez c’était même une idée de la Banque de France, Nicolas Sarkozy lui n’était pas vraiment d’accord etc.. etc ».. Pourtant je me souviens comme si c’était hier de sa conférence de presse, de son effet d’annonce (comme d’hab), des réticences de la Banque de France et du petit exercice de relations publiques qui a suivi, pour rabibocher tout le monde et arriver à une annonce commune, plusieurs jours après l’annonce choc de Nicolas Sarkozy.  Le kilo d’or était alors à 11 000 euros, il est aujourd’hui à 20 000 euros ! Faites le calcul vous même, c’est une perte sèche de 9 000 euros par kilo, sur 600 tonnes vendues c’est 5 400 000 000 d’euros. Si ce n’était que 5 milliards d’euros de perdus ce ne serait pas trop grave, mais la Banque de France devait avec cet argent acheter des devises étrangères, principalement Livre Sterling et US Dollars, qui ont depuis perdu entre 30% et 40% de leur valeur face à l’euro ! Bravo et merci !

Je sais c’est du passé, et je ne devrais pas me mettre en colère à propos de choses auxquelles je ne peux rien changer. J’y reviens aujourd’hui pour deux raisons. Premièrement pour vous dire qu’il n’est toujours pas trop tard pour acheter quelques Napoléons en Or. La pièce de 20F Napoléon doit se vendre dans les 120/130 euros. Deuxièmement, pour discuter du fait que depuis le début décembre, il se passe des chose bizarres sur le marché de l’Or. Le phénomène en question s’appelle La Backwardisation du marché de l’OR.

Il s’agit d’un phénomène extrêmement rare, durant lequel le prix de la livraison du métal aujourd’hui est plus haut que celui d’un contrat de livraison future. Normalement dans un contrat à terme, plus le terme est éloigné et plus on va payer gold-bullion.jpgcher pour la matière première. C’est normal, on paye pour le risque (du vendeur), pour le coût de stockage, pour l’assurance etc..  Plus on se rapproche de la date de livraison de la matière première et plus le prix du contrat à terme se rapproche du prix du marché courant.  Mais depuis le 2 décembre l’Or physique au marché quotidien se vend plus cher que les contrats futurs à moyen terme.  Cela s’est déjà vu pour certaines matières premières alimentaires, mais jamais pour l’or, et jamais plus de quelques jours.  Quand le marché passe en « backwardisation », vous pouvez acheter de l’or aujourd’hui (pour livraison dans un mois) à un prix inférieur à celui du marché spot, pourquoi continuer à payer un premium sur le marché pour garantir une livraison ce mois ci ?  Et pourtant c’est ce qui se passe depuis le 2 décembre. Pour la première fois depuis qu’existent les contrats en or, le marché est passé en backwardisation !

C’est un signe des temps.. les spéculateurs ne contrôlent plus le marché, ce sont les petits porteurs qui font le prix, et la demande physique du métal jaune commence seulement à avoir un impact sur son cours officiel.  Attention à une augmentation rapide des cours de l’or dans les 6 mois qui viennent.

Quand je vous recommande d’acheter quelques pièces, ce n’est pas en vu de spéculer pour doubler votre argent en quelques mois et revendre.  Au contraire, c’est pour acheter une «police d’assurance » contre une possibilité d’hyper-inflation ou de crise de confiance dans les monnaies officielles.  Ces deux ou trois pièces d’or vous seront peut être très utiles en 2010 ou 2020, tout en espérant que vous n’en aurez jamais besoin.

11.12.2008

Sommes nous en train de vivre la fin d’une époque ?

Depuis la fin de la « guerre froide », nous avons vécu une époque vraiment extraordinaire, mais que nous prenons tous économie.jpgpour la norme.  Cette période se caractérise par une libéralisation des marchés, une augmentation des échanges mondiaux et une accélération des mouvements de capitaux. Au cours de ces 30 dernières années, les bulles financières (dotcom, immobilier, etc ..) se sont succédées à des rythmes effrénés, donnant un sentiment de « richesse » à des millions d’actionnaires et de propriétaires. Cette prospérité toute relative, a généré de la croissance bien réelle et des emplois dans les services, le bâtiment et la haute technologie. En contrepartie nous avons vu s’accroître la précarité et les délocalisations, mais surtout une explosion du crédit. (voir article sur ce blog en 2006 sur : la dette).

Certains de mes interlocuteurs m’assurent que c’est de la faute des média, que la morosité du discours médiatique ambiant engendre la morosité économique, qui à son tour aggrave la crise. Ils refusent de voir cette crise comme la crise la plus grave que de ces 50 dernières années.

Pourtant, aux Etats Unis, le pays de l’optimisme, les dernières statistiques de l’emploi évaluent à 533 000, le nombre d’emplois perdus pendant le mois de novembre. (-320 000 en octobre, et -403 000 en septembre, pour un total de 1,2 millions en juste trois mois).  Les analystes du bureau d’études économiques londonien, GFC Economics, prédisent pour l’économie américaine une perte de prés d’un million d’emplois par mois pour les six premiers mois de l’année 2009.  Si les gouvernements occidentaux prennent des mesures exceptionnelles pour essayer de résoudre cette crise, alors qu’ils sont presque tous déjà  “en faillite”, c’est que le problème, purement financier à l’origine, se propage rapidement à l’économie réelle. (Voir aussi le très bon article de Jean-Gabriel Fredet dans le Nouvel Obs qui pose la question suivante : peut-on sortir d’une crise de l’emprunt en empruntant?)

La crise financière ?, nous sommes en plein dedans.  La crise économique de 2009 – 2010 ?, je pense qu’elle est inévitable.  Aujourd’hui la question de savoir si nous allons éviter les grands bouleversements sociaux qui se profilent à l’horizon ?

soup populaire.jpgAvec la fin abrupte d’une période de relative prospérité, nos gouvernements maintiendront ils suffisamment de légitimité pour garantir l’ordre et le bon fonctionnement de la société sans se transformer en régimes autoritaires ?  Est ce qu’une période prolongée d’appauvrissement des ménages ne mettrait pas en danger nos démocraties occidentales? D’après le FMI, la situation de l’Islande n’est que marginalement plus mauvaise que celles d’autres pays européens, en particulier la Bulgarie, mais aussi l’Irlande, la Grèce et l’Italie !

Dans un prochain billet nous réfléchirons à ce qu’il peut être fait sur le plan individuel et sur le plan collectif pour gérer au mieux ce nouvel environnement encore incertain. Car, en tant qu’individus nous ne pouvons pratiquement rien faire pour le Macro-économique, mais nos actions aurons sûrement un impact grandissant au niveau Micro-économique.

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