19.08.2007
Et si nous étions les témoins de la fin d’une ère d’exceptionnelle prospérité ? SUITE…
"Imbalance or abnormality is never so dangerous as when it is widely perceived or accepted as being normal."
« Un déséquilibre anormal n’est jamais aussi dangereux que quand il est généralement perçu et accepté comme normal. »
En ce week-end de post-intervention de la réserve fédérale et de remontée des cours des
principales places boursières, le débat sur les risques de contagion du monde de la finance vers la « vraie économie » est toujours d’actualité. Ce débat est complètement absurde, car le problème provient de la « vraie économie » . La crise des prêts sub-primes n’est que le symptôme d’une crise économique déjà bien réelle pour les ménages américains. Quand on parle de un-million-et-demi-de-maisons-saisies, c’est un million et demi de familles américaines qui vont perdre leur maison, car les remboursements d’emprunts sont trop hauts. Pour ces familles la crise n’est pas à Wall Street, elle est au bout de leur rue! A San-Bernardino en Californie, par exemple, du 1er Janvier au 30 Juin 2007, pas moins de 41 351 maisons ont été saisies ! Il s’agit de une maison sur 33. Imaginez que une maison sur 33 soit saisie dans votre village ou dans votre petite ville ! En Californie les prix avaient flambé et il fallait s’attendre à un retournement de conjoncture, mais du coté de Détroit les déboires de Général Motors et des autres constructeurs auto américains avaient maintenu le prix de l’immobilier à des niveaux raisonnables. Pourtant, dans les quartiers modestes de Détroit, pendant le premier semestre 2007, c’est 28 705 maisons qui ont été saisies ! Il s’agit d’une maison sur 29 !!. Quant à l’expert qui disait sur LCI la semaine dernière que « Cette "crise" n est qu’une turbulence qui se dissipera bien vite, dés que les journaux trouveront autre chose a se mettre sous la dent », il devrait dire ça aux centaines de milliers de familles qui sont en train de perdre leur maison. L’impact sur le marché des biens d’équipement de la maison, sur le marché des loisirs se fait déjà sentir, en ce qui concerne les marché de l’emploi ce n’est plus qu’une question de temps. Monsieur de Castries ne fait que son boulot de patron du Groupe AXA (qui a par ailleurs gelé les remboursements pour ses fonds de placements) quand il dit « qu’il ne croit pas que les turbulences provoquées sur les marchés financiers par la crise des emprunts à risque américains ait un effet majeur sur la croissance mondiale ». Le problème c’est qu’il n’y a plus grand monde pour croire vraiment au ton rassurant des grands chefs financiers, publics ou privés. Si on cessait de manipuler les grands agrégats de croissance et d’inflation on verrait que l’économie américaine est déjà entrée en récession !
Je vous laisse avec ce graphe particulièrement intéressant (mais peu lisible), qui est le fruit du travail d’un économiste de Yale qui s’appelle Robert J. Shiller. L’économiste a compilé le prix moyen d’une maison ajusté en fonction de l’inflation, sur une période de 100 ans. Il nous donne l’évolution du prix moyen, en dollars constants, d’une maison aux Etats Unis, depuis 1890 !

« Un déséquilibre anormal n’est jamais aussi dangereux que quand il est généralement perçu et accepté comme normal. » Nous ne retrouverons l’équilibre de long terme qu’après être passé, soit par une période de très forte inflation, soit par une période de forte baisse du prix de l’immobilier.
Dans le prochain billet ce cette série, nous parlerons de la croissance de la masse monétaire et de la dette publique.
15:25 Publié dans Finances Publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bulle crédit, crise, immobilier, subprime




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