12.08.2007
Et si nous étions les témoins de la fin d’une ère d’exceptionnelle prospérité ?
Bien sûr ce n’est pas la première fois que les indices boursiers plongent. Mais cette fois ci, ça a l’air un petit peu plus sérieux car les banques centrales, montrent leur inquiétude, en intervenant rapidement et massivement pour calmer le jeu. Les spéculateurs boursiers, qui voyagent sur la montagne russe des émotions, se rassurent en se disant que les Bernanke et Trichet de se monde vont continuer à inonder le marché de liquidités pour retarder la fin d’un système financier très malade, le plus longtemps possible. C’est vrai ! mais est ce que ce sera suffisant ? (On parle déjà d’une baisse précipitée des taux
directeurs aux USA, pour la semaine prochaine car les banques américaines sont encore plus exposées que BNP – Paribas aux marchés des prêts hypothècaires. Voir graphe ci dessous, qui montre le l’évolution du pourcentage des actifs des banques américaines qui sont liés à des hypothèques).
Pourtant, tous les jours, dans les média, des pseudo experts nous expliquent; que tout ira bien demain, que ce qui se passe est une mini crise essentiellement liées au marché des prêts hypothécaires américains. J’ai longtemps pensé que ces « experts » étaient, soit aveugles, soit de mauvaise foi, pour ne pas voir que ces soubresauts boursiers, dont nous avons été témoins ces dernières années, ne sont que les symptômes de grands problèmes macroéconomiques. Aujourd’hui, je pense que nous arrivons sur un territoire particulièrement dangereux, car tous ces économistes sur-médiatisés, sont bel et bien des imbéciles sincères, qui n’ont pas appris leur leçon avec le NASDAQ et les Dot Com ! Ils ont réussit à faire croire à tous le monde, et se sont convaincus eux même, que les grands déséquilibres financiers actuels sont normaux, naturels et éternels !
Pourtant, à l’image de ce pont qui s’est écroulé à Minneapolis, l’économie américaine est devenue un géant aux pieds d’argile. Sa croissance légendaire, ne repose plus sur sa production industrielle, mais sur la consommations de ses ménages. Mais cette surconsommation, à crédit, peut elle
vraiment durer ? L’euphémisme le plus souvent utilisé par les économistes c’est de parler du problème de la « la faiblesse de l’épargne des ménages », quand en fait, le taux d’épargne des ménages américains est passé négatif (-1%) depuis plus de deux ans ! Epargne négative de l’ordre de 470 milliards de dollars en 2005 ! (Les ménages dépensent plus qu’ils ne gagnent et financent leurs nouvelles voitures et télés à écrans plats, à crédit. Le taux d’épargne des ménages français était encore de +15% en 2005).
Pendant des années, pour retarder l’explosion de la bulle immobilière, on a construit vite et mal, on
a vendu à des prix surévalués, et on a prêté à des taux ajustables, à des acheteurs de moins en moins solvables. A la fin de la période de taux « lune de miel » ces nouveaux propriétaires ne pouvaient pas couvrir les échéances à taux réels, et le nombre de faillites personnelles a explosé. Par la suite les familles, et les organismes propriétaires de l’hypothèque, ont essayé de vendre des maisons et des appartements aujourd’hui invendables. La spirale infernale commence à toucher les banques comme BNP-Paribas car les organismes de prêt ont « revendu » le risque à des fonds de placements internationaux qui affichaient des résultats tellement alléchants qu’ils attiraient aussi les investisseurs institutionnels.
En début d’année les premiers organismes de crédits immobiliers à risque, comme New Century, le Numéro 2 du marché, ont fait faillite. Fin mars, bloomberg confirmait qu’il fallait anticiper un-million-et-demi-de-maisons-saisies-et-cent-societes-de.... Mais tout était encore normal, car la crise ne touchait que les gens qui avaient joué avec le feu.
En juin, quand la très respectable banque New-Yorkaise, Bear Stearns, annonce la mise en faillite de deux de ses fonds de placements et la démission forcée de son Co-Président, ça devient un petit peu plus sérieux. Enfin ces derniers jours, il y a eu l’annonce du dépôt de bilan et du licenciement économique des 7 000 employés de American Home Mortage, la première grande société de crédit traditionnelle a être touchée par la crise. Dans la foulée, BNP-Paribas annonce le gel des retraits de capitaux de deux de ces fonds de placements. Là certains, à la BCE, commencent à se réveiller !
Pourtant, il y a encore quelques jours, le président de la Banque Centrale Européenne nous a disait que l’inflation était le risque principal pour l’économie européenne et qu’il était prêt à relever les taux
directeurs pour en garder le contrôle, (sans se soucier de l’impact social immédiat d’une hausse des taux). Et cette semaine, sans états d’âme, il jette 150 milliards d’euros sur le marché pour sauver une ou deux institutions financières. Dans ce monde, il y a toujours deux poids et deux mesures, et ça énerve forcément de voir qu’ils nous prennent pour des idiots. Cependant, j’espère que les grosses banques traditionnelles européennes continueront d’être protégées par la BCE, et par leurs gouvernements respectifs, car si le système venait à s’effondrer, comme toujours, se sont les petits qui paieront la facture.
Et dire qu’il y en a encore pour croire que la grande récession « made in the USA » n’est pas déjà là ! J’ai même entendu un pantin dire sur LCI que « Cette "crise" n est qu’une turbulence qui se dissipera bien vite, dés que les journaux trouveront autre chose a se mettre sous la dent ». Tout va très bien madame la marquise.
20:35 Publié dans Finances Publiques | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Bourse, Crise subprime, BNP, Bear Stearns, BCE, hedge funds




Commentaires
nouvel article dans Le Monde aujourd'hui:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3234,36-943922@51-893669,0.html
Ecrit par : lg | 13.08.2007
Merci pour l'info sur l'article d'Attali.
A bientôt
Ecrit par : David Bourgeois | 13.08.2007
Article dans Le Monde aujourd'hui..
"La crise du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis s'est propagée au marché interbancaire, notamment à l'intérieur de la zone euro.
Comme les banques ne se font plus confiance et refusent de se prêter mutuellement de l'argent!!!!,
réduisant le volume de liquidités en circulation, les banques centrales interviennent depuis la semaine dernière pour mettre de la monnaie sur le marché. Depuis le jeudi 9 août, la BCE a ainsi injecté près de 230 milliards d'euros dans le circuit monétaire, tandis que la Réserve fédérale américaine a apporté quelque 64 milliards de dollars."
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1- href="mailto:0@2">0@2-3234,36-944302@51-893669,0.html
Ecrit par : lg | 14.08.2007
Tu valides les commentaires a priori ?
Ecrit par : Denis CASTEL | 25.08.2007
Ne tiens pas compte de mon commentaire précédent. En revanche, j'ai un problème : mon commentaire d'une dizaine de lignes ne passe pas.
Ecrit par : Denis CASTEL | 25.08.2007
Bon retour Denis...
Dans un de mes derniers billet j'ai mis un lien vers ton livre.. Plein d'actu, j'espère que tu es inspiré pour des billets chiffrés sur ton blog?
Ecrit par : lg | 25.08.2007
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