15.03.2007
Rendre à César...
Dans l’espace républicain il faut sans cesse informer le citoyen. Le casino de Luz a fermé ses portes en août et pourtant, Il y a quelques jours encore, dans le restaurant, je parlais avec quelqu’un qui était convaincu que de l’argent public avait été perdu dans la venue et le départ du Casino Tranchant à Luz !
Malgré les articles de journaux et les explications officielles, nombre de nos concitoyens sont encore convaincus que la commune a payé pour les pots cassés du Casino. J’ai eu beau expliquer que le gros, des investissements d’infrastructure, avait été réalisé par le groupe Tranchant, que de surcroît, nombre de ces investissements (en particuliers en cuisines) restaient en place et allaient bénéficier à la commune ou aux prochains locataires, rien n’y faisait les contribuables de Luz étaient lésés !
Mon client était « en pétard » et me répondait que nous allions devoir payer une grosse somme pour « dédommager Tranchant » ! Je m’efforçais d’aviser ce Monsieur que c’était le contraire ; le groupe Tranchant ayant résilié unilatéralement le bail, c’est Tranchant qui devait compenser la commune de Luz, et qu’il s’agissait d’une somme importante, autour ou proche des 200 000 €.
Bien sûr je concédais à mon interlocuteur que c’est toujours dramatique de perdre des emplois, mais qu’il était pas correct de suggérer que des fonds public aient été utilisés de façon inappropriée. De mon point de vue, c’était plutôt une bonne gestion de la crise de la part de la commune de Luz.
Maintenant, l’utilisation future de ce bâtiment va, j’en suis sûr, générer des dizaines de nouvelles conversations contradictoires, basées sur des informations plus ou moins factuelles.
Comme quoi le débat public, ce n’est jamais simple !
Laurent Grandsimon
20:45 Publié dans Finances Publiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Souviens-toi Laurent. Il était beau le feu d’artifice ce mercredi soir là, on en avait vu de toutes les couleurs, fallait que ça brille, en mettre plein les mirettes, éblouir la « populasse », les notables en cravatés, bref tout ceux qui se pressaient à l’évènement et quel évènement ! Les machines à sous étaient arrivées au Casino de Luz-Saint Sauveur !
Imaginez l’extase après un an d’attente meublée tant mal que mal par de laborieuses animations.
Fini les millions engloutis patiemment, dès lors c’était le Jackpot pour presque tout le monde !
Oh bien sûr, on n’avait pas besoin des Bandits manchots pour jouer au village !
On allait déjà gratter chez le marchand de journaux ou cocher ses cases du Loto.
On allait en face, aussi, faire son petit ou gros tiercé.
Et puis de toute façon on descendait en catimini à Argelès, Bagnères ou Pau car là elles y étaient et y sont toujours les machines !
Alors pourquoi pas Luz ? Hein ?
Pourquoi ne pas profiter de toutes ces belles taxes professionnelles ou autres pour renflouer les caisses ?
Et puis, tous ces emplois créés !
Aaah ! L’emploi ! le chômage !
« Je soutiendrai tout ce qui est bon pour l’Emploi » avait dit notre bon président de la République.
Et les gens de renchérir : « y’a pas de sots métiers ! »
Mon cul ! Black Jacques, tu parles ! Y’a quand même des métiers bien pourris ; du genre à fabriquer des tourelles de chars ; Giat industrie, tu voulais mon avis ?
Y’a aussi tous ces emplois où « les jeux sont faits », ou « rien ne va plus » parce que maman bosse le dimanche ou toute la nuit …dans un Casino par exemple, au lieu de me raconter une belle histoire en câlinant un peu…
Alors, c’était parti, le chassé-croisé des Argelésiens qui montaient jouer à Luz et des Luzéens qui continuaient de descendre...ailleurs, parce qu’on a un peu honte d’enfiler les pièces dans sa machine, c’est un plaisir très solitaire…
Faut dire que je suis souvent veuve, avec une bonne pension, je m’ennuie beaucoup !
Je flambe l’héritage et je vous emmerde !
Je suis un peu touriste, aussi, j’aime m’encanailler et là, j’intéresse tout le monde !
Parfois aussi, je suis le bon bougre du coin, celui qui devient accro, drogué, malade quoi !
Celui qui va commencer par beaucoup mentir à son entourage, puis par bouffer l’argent du ménage, avaler les vacances à la mer des petits et puis... et puis tout perdre : la femme, les enfants, l’emploi ou la boutique et peut-être même finir au pont Napoléon ! Biiiingo !
Ou jouer à la… roulette Russe. Mais tout le monde s’en fout ! Je serais l’erreur, le détail, le sacrifié, le martyr : c’est la mode ! Inch Allah !
Ainsi donc à la demande générale, et pour l’intérêt du pays, on était prié de laisser l’éthique et la morale au vestiaire et de bien vouloir jouer le jeu du Casino, notre bienfaiteur !
D’ailleurs, Amis des associations, vous alliez festoyer chez nous, c’était dans notre cahier des charges et vous aviez bien mérité votre petite subvention !
De toute façon, y’avait plus de salle des fêtes, alors !
Et comme disait Césarus Tranchantus ! « Du pain, des jeux et « Aléa Jacta Est »
Allez ! Salut Laurent, je te rends ton blog, mais attention, je reviendrai, et à la fin de l’envoi, je Partouche...
Ecrit par : Cyrano de Counques | 24.03.2007
Bonjour cher Cyrano, toujours dans le lyrisme et un peu d’exagération à ce que je vois. J’ai beaucoup aimé le Césarus Tranchantus du final.
Le sujet de mon billet, vous l’avez bien compris, n’était pas de débattre des « bienfaits » de l’industrie des jeux, dans nos vallées. Je souhaitais dire que la fermeture précipitée de l’établissement Tranchant a été bien gérée par la commune.
Ecrit par : lg | 24.03.2007
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