24.12.2006

L'Ours

 

Les derniers Ours des Pyrénées françaises vivent dans deux  petites poches territoriales en Ariège et en Haut Pays Basque.  Mais aujourd’hui on vient relâcher des ours entre les deux zones (je sais, cela semble censé depuis les bureaux des écologistes parisiens) là où l’urbanisation est plus dense, là où les voies de communications sont plus développées, là où l'élevage d'altitude est plus important, là où 300,000 touristes et montagnards se promènent sur les chemins chaque été, là où les espaces boisés sont plus petits et plus épars, et surtout, là ou les populations locales NE VEULENT PAS DE L'OURS!

 

 

 

Que l'on soit pour ou contre la réintroduction de l'ours.  Pour des Pyrénées sauvages ou pour des Pyrénées vivantes..  Force est de constater que Jean Lassalle a de nouveau raison quand il dit :...  « La méthode est catastrophique ».   Je ne suis ni éleveur, ni vraiment activiste anti-ours..  mais comme de nombreux montagnards, je considère la méthode de Madame la Ministre comme arrogante et condescendante.  L’administration nous dit ne nous ne sommes RIEN, que notre opinion ne vaut RIEN. Ceci peut expliquer, mais ne justifie en rien, les débordements, parfois violents, de certains opposants au programme de réintroduction.  Débordements, que je souhaite ici vivement condamner.

 

 

Ceux qui me connaissent me disent de mauvaise foi car je serais le premier à aller défendre la survie des derniers éléphants en Afrique. C’est vrai, mais poussons la comparaison africaine un peu plus loin en comparant l’Europe et l’Afrique .  Imaginez que vous ayez 3,000 éléphants dans une grande réserve au sud du Kenya.. Une population d’éléphants en bonne santé et dont le nombre est en légère augmentation chaque année (Comme les ours en Slovénie).  Ils vivent dans un territoire enclavé et les populations locales, plus éparses, vivent en harmonie avec l’éléphant.  Dans l’ouest de la Tanzanie il reste une douzaine d’éléphants qui vivent dans une zone plus urbanisée à forte densité humaine et où les gens tolèrent les derniers grands éléphants mais ne veulent pas d’une augmentation artificielle du nombre d’éléphants, qui mettrait en danger leurs activités agricoles.  Dans ces circonstances nous reconnaîtrions tous que l’éléphant d’Afrique n’est pas en voie de disparition et que transférer des éléphants du Sud Kenya à l’ouest Tanzanien n’est pas une priorité pour l’équilibre écologique ni même la bio-diversité du continent africain. 

 

 

Cela ne remet il pas en question la légitimité de ce programme dogmatique, pondu par nos écologistes de bureaux ?  La provocation et l’aliénation des éleveurs de montagne était-elle vraiment nécessaire?  Est ce que ces 3 à 5 millions d'euros par an ne pourraient pas être utilisés à meilleur escient dans nos montagnes ou même sur d’autres programmes de sauvegarde de la nature? 

 

  Si on prend l’argument écologiste un peu plus loin.  L’habitat naturel de l’ours, à l’origine, c’était toute l’Europe, non ?  L’homme a chassé l’ours des forêts française et il s’est réfugié dans les montagnes.  Si l’on souhaite vraiment réintroduire l’ours dans son habitat naturel en France,  pourquoi ne pas réintroduire une dizaine d’ours dans la forêt de Montmorency ? Franchement, l’ours ne serait ni plus, ni moins, proche des habitations et des promeneurs, que s’il était dans les Pyrénées centrales.  Pas de troupeaux, pas d’irréductibles Pyrénéens…  On laisse les ours pyrénéens là où ils sont et on réintroduit dix ou même vingt ours dans les grands espaces boisés autour de Paris ?  Moi, depuis ma vallée pyrénéenne, je suis pour ! Je trouve que c’est une super idée… en plus j’adore les ours.

 

  Plus sérieusement, je pense qu’il y a beaucoup à dire en faveur de la création d’une « Zone Ours » dans les Pyrénées.  On surveillerait les ours plutôt que de faire garder tous les troupeaux de la chaîne.  Sans appeler cela une réserve, nous pouvons désigner un espace de vie dans lequel un petit nombre d’ours sous surveillance, maintiendrait la présence du plantigrade sur le massif.  Ce programme serait accompagné de garanties de re-localisation d’individus voulant s’implanter sur des territoires où ils ne seraient pas les bienvenus.    C’est un concept à développer !…  mais sûrement pas avec les fanatiques du ministère, qui ont décidé unilatéralement que les ours devaient pouvoir voyager et s’installer où bon leur semble, sur la chaîne des Pyrénées.

 

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Commentaires

"La véritable question est: pour quelles raisons notre société veut-elle des ours dans les Pyrénées? Pour l'image? pour le tourisme? pas pour la biodiversité puisque la souche pyrénéenne n'existe plus!"

André Etchelecou, Président du Comité Scientifique du Parc National des Pyrénées.

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"Il est ridicule de vouloir réintroduire des ours dans les Pyrénées.

La quasi-disparition de l'ours dans les Pyrénées n'a pas entraîné un déséquilibre écologique qui justifie sa réintroduction.

L'ours ne fait plus partie de la biodiversité des Pyrénées."

Jean-Louis Etienne, Médecin Explorateur

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Aujourd'hui, le citoyen urbain est mu par un sentiment "animalitaire", décalque de l'humanitaire, nourri de culpabilité.

il a une représentation de la nature qui est largement majortaire et qui est "politiquement correct". Les Politiques n'y osnt pas insensibles, soit parce qu'ils la partagent, soit par opportunisme électoral..."

Jean Pierre Picard, Ethnologue directeur de recherche au CNRS

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"Le travail que j'ai réalisé montre que les dés sont pipés lorsqu'on parle de l'ours aujourd'hui. L'absence de concertation es de prise en considération de la parole des éleveurs, la remise en cause systématique de leurs propres pratiques pastorales, toujours envisagées et jugées en terme de dégradations des pratiques ancestrales supposées optimales alors que tout le contexte à changé, témoignent d'une remise en cause de leur légitimité sur les territoires d'altitude qu'ils ne peuvent naturellement pas accepter"

Corinne Eychenne, Maître de Conf, Ingénieur Agricole

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"Il me semble irréaliste et inconcevable de parquer 600 000 ovins tous les soirs sur l'ensemble du massif pour que 15 ours puissent gambader en toute liberté"

Jean-Louis Etienne

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"J'invite chacun à examiner sereinement des deux "fronts écologiques" que sont les Alpes et les Pyrénées, où s'affrontent les tenants de la réintroduction du loup et de l'ours, et les petits éleveurs. Rien, écologiquement, ne demande que l'on introduise des loups ou des ours en France - ailleurs que dans des parcs nationaux cloturés.

Ceux qui proposent la réintroduction de l'ours se font une idée fausse de l'écologie.

Alors, combien de temps encore va-t-on tolérer les incartades de citadins désabusés qui, pour donner un sens à leur vie, détruisent avec application le monde rural qu'ils ne connaissent pas et qu'en fait ils jalousent?

Je suis persuadé, depuis longtemps, qu'il faut économiser notre planète et protéger la biodiversité (...) Je sais que les grands mammifères sont utiles pour ces équilibres (...)

Aussi, je suis avec interet les efforts du gouvernement Indien pour protéger les 3000 Tigres qui restent en Inde, avec la création de réserves dont sont exclus les villages. Je suis aussi, avec ferveur, les efforts déploés pour interdire les filets dérivants, en Méditérranée notamment, afin d'éviter les hécatombes de dauphins. Je ne comprends pas bie, en revanche, la démarche qui consiste à réintroduire des ours dans les Pyrénées ou des loups dans les Alpes, quand ces opérations se font à l'intérieur de territoires où existent uen agriculture et un élevage de montagne. Si on veut poursuivre cette politique, il faut mettre en place des réserves naturelles, avec des barrières quil es séparent des territoires où vivent et travaillent des hommes (...)"

Claude Allègre, Géochimsite, ancien Ministre de l'Education, de la Recherche et la Technologie.

Ecrit par : lg | 01.01.2007

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